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Carine Bianco

Pianiste

Alors voilà, il y avait une fois une petite fille qui se retrouve face à un jouet gros comme un tracteur dans le salon. C’est d’un piano jouet dont il s’agit avec un son bizarre mais qui lui raconte plein d’histoires…

A 6 ans c’est sur un vrai piano que ses mains vont commencer à s’agiter

Puis l’entrée au conservatoire de Lyon, la découverte de musiques qu’elle ne connait pas bien. Les économies qu’elle fait pour s’acheter son premier disque de Beethoven à 8 ans. Elle aime travailler le son de l’instrument, délier ses doigts, voir le clavier bouger, entendre le grincement des pédales.

A 13 ans, lors d’un stage du musique, elle croise le chemin de Jean Martin qui l’encourage à suivre une carrière de pianiste.

Soulignant chez l’apprentie musicienne, un toucher personnel qui lui permet de tirer de l’instrument des couleurs très riches, et une capacité à proposer des interprétations personnelles.

En 1996 elle obtient une médaille d’or de piano et musique de chambre au Conservatoire de Lyon

Puis un diplôme de virtuosité mention très bien à l’unanimité du jury à la Schola Cantorum de Paris en 1999. Mais ses histoires de musique vont l’appeler ailleurs.

Elle veut continuer à explorer les sons de l’instrument, l’aspérité de la résonance des cordes, la souplesse d’une attaque. Elle commence à travailler le répertoire d’Astor Piazzolla et avec l’ensemble Espace Temps, remporte le premier prix au concours international qui porte le nom de l’illustre compositeur argentin à Udine (Italie) en 2002, le CD Al Troesma enregistré par la suite sera distribué en France et en Argentine.

Les qualités d’invention du jeu de Carine Bianco seront saluées par Gustavo Beythelman.

De cette époque date sa rencontre avec Nicolas Bianco en accompagnant Amélie-les-crayons, elle rencontre le jazz et l’improvisation. Elle ne s’attend pas à cette longue quête difficile. Changer ses appuis, toutes les possibilités de l’harmonie. Elle découvre Thelonious Monk, Brad Mehldau, Keith Jarett, Jason Moran mais continue d’écouter Martha Argerich, Samson François, Alfres Brendel, tant et tant qui ré-inventent le piano.

« J’avance, je me rends compte peu à peu des possibilités de l’instrument, de la liberté qu’apporte l’improvisation. Mais je ne trouve pas encore mon chemin, ce n’est pas celui du jazz « traditionnel », ce que je construis d’un côté, je le déconstruis d’un autre. Je continue ma recherche sur le son. »

Elle travaille comme accompagnatrice aussi bien dans la chanson que dans le lyrique… elle aime le rapport qu’entretiennent la poésie et la musique. En 2013, nait la Compagnie Diva…gations et plusieurs spectacles, Opera Urbain, Traviata Songbook, Opera Tralala… Elle découvre le plaisir du jeu théâtral, cinématographique, une réflexion sur l’esthétique et la place de l’art dans la cité. A partir de 2010, elle collabore aux créations de Nicolas Bianco :

  • Jour d’école
  • Duos des Métiers
  • L’opera nell’ Opera à l’Opéra de Lyon.

Sa rencontre avec le jazz s’accomplit dans la formule interactive du trio ou elle retrouve son goût pour la musique de chambre et puis un jour elle décide de brancher le trio sur le secteur, c’est la décharge électrique. Enfin la possibilité de faire vivre des notes tenues, de distordre le son et de garder l’impact des marteaux sur la corde. Nicolas Bianco à la basse et Sébastien Mourant à la batterie l’accompagnent dans cette recherche, ils fouillent ensemble une musique qui mûrit peu à peu.

Carine Bianco puise sa liberté de jeu dans l’écriture exigeante de Nicolas Bianco. A la fois interprète et créatrice, elle développe sa recherche de compositrice de l’instant dans son travail de l’improvisation. Eurydice#21 est enregistré début 2018.